Vous est-il déjà arrivé de douter de vous-même, de ne pas vous sentir à la hauteur, ou encore de vous demander si vous êtes réellement aussi compétent ou qualifié que les autres semblent le croire ? En réalité, ces sentiments sont très fréquents, en particulier chez les personnes accomplies qui ont du mal à croire en leurs propres compétences.

Ces pensées et émotions apparaissent souvent lorsque nous débutons une nouvelle expérience, assumons un rôle inédit ou entrons dans des environnements qui remettent en cause certains aspects de notre identité.

Le syndrome de l’imposteur peut être un poids difficile à porter, mais il n’est pas une fatalité. Dans cet article, découvrez six outils pratiques pour apaiser vos doutes, cultiver l’estime de soi et avancer sereinement dans votre vie personnelle et professionnelle.

Définissez votre objectif

Lorsque les doutes nous assaillent, nous pouvons perdre de vue les raisons pour lesquelles nous nous retrouvons dans cette situation, à ce poste par exemple. L'important ici est de se recentrer sur soi et sa propre vision :

Qu’est-ce qui vous motive à faire ce que vous faites ? Prenez du recul et réfléchissez à la signification de votre but. 

Notez cette raison et relisez-la aussi souvent que nécessaire. Lorsque le doute s’installe, recentrez-vous sur votre objectif et son impact.

Cette stratégie vous aide rester concentrer sur vos propres objectifs, attentes. Elle vous permet de rester centré, ancré dans votre propre chemin.

 

Luttez contre la procrastination

Il est peut être particulièrement difficile de débuter un projet alors que nous doutons de nos capacités. Ou encore si nous nous fixons des normes irréalistes ou perfectionnistes. Or, éviter ou retarder un processus peut engendrer du stress, de l’anxiété, de la culpabilité et de la tristesse. La procrastination est un fuel merveilleux pour le syndrome de l'imposteur.

Commencez par de petites étapes : éteignez les distractions, faites une liste des tâches à accomplir, choisissez-en une et fixez un minuteur de cinq minutes pour démarrer. Pendant ces cinq minutes, décrétez que votre esprit est une "zone sans jugement". Travaillez sans évaluer si le résultat est bon ou non. Aucun premier jet n’est parfait, mais chaque premier jet est un point de départ essentiel. Ne laissez pas la quête de perfection freiner votre progrès.

Si vous souhaitez aller plus loin sur la thématique de la procrastination, vous pouvez également consulter cet article.

 

Prenez conscience de votre critique intérieure

Notre critique intérieure est ce discours intérieur, ces pensées que nous avons à propos de nous-même et qui peuvent être particulièrement virulentes. Elle tend d'ailleurs à se faire entendre plus fortement lorsque nous nous approchons de quelque chose d’important pour nous (par exemple une nouvelle relation, un nouveau loisir, un nouvel emploi, une promotion ou tout changement qui étend nos zones de confort). Cette autocritique peut également s’amplifier lorsque nous nous sentons étrangers à notre environnement. 

Même si cette critique vise à nous protéger des risques, de l’embarras, de la honte ou du rejet social, elle finit souvent par nous freiner et nous limiter. Si votre critique intérieure devient persistante, prêtez-y attention et répondez-lui avec vérité et compassion envers vous-même. Voici quelques réponses possibles :

  • « Ma valeur vient de qui je suis, pas de ma perfection. »

  • « Je t’entends. Je sais que tu essaies de me protéger de l’échec, mais je suis prêt(e) maintenant. Cette opportunité montre que je suis prêt(e). »

Cette stratégie peut être étayée par un travail sur l'estime de soi et la confiance en soi.

 

Concentrez vous sur vos forces et vos ressources

Il s'agit ici de prendre conscience de vos atouts. Identifiez ce dans quoi vous excellez. Quelles compétences vous viennent naturellement ? Quels talents avez-vous développés ? Réfléchissez à la façon dont vous pouvez mobiliser ces aptitudes naturelles et acquises pour vous soutenir dans cette période et/ou dans cette situation.

L'autocritique aura justement tendance à pointer vos faiblesses. Il est important de contrebalancer ce narratif en élargissant votre vision de vous-même à ce qui fait votre force et vos ressources. Cela vous permettra d'avoir une vision plus juste et équilibrée et alimentera le sentiment de confiance en soi.

 

Créez une "boîte à fiertés"

Créez un support physique ou virtuel pour conserver vos accomplissements et réussites : photos, mots de remerciement, compliments, récompenses, listes de grandes réussites et petites victoires, ou tout autre élément qui vous inspire et vous motive. Ajoutez-y régulièrement des éléments. 

Par exemple, avez-vous défendu vos intérêts aujourd’hui ? Notez-le et ajoutez-le. Avez-vous proposé un changement positif dans votre environnement ? Enregistrez-le. 

Noter vos succès (et l’écriture réflexive en général) peut réduire l’anxiété et apporter de la clarté. Consultez cette boîte chaque fois que vous avez besoin d’un rappel de vos réussites. Cela vous aidera à contrebalancer la tendance à attribuer vos succès à la chance ou à les minimiser.

 

Parlez à un ami ou à un collègue de confiance

Se comparer aux autres, ou à nos versions passées, est une tendance extrêmement commune. Ainsi, lorsque nous partageons nos expériences difficiles, dans lesquelles nous nous sentons vulnérable, avec des personnes de confiance, cela nous aide souvent à comprendre que nous ne sommes pas seuls. 

En effet, le stress de l’imposteur n’est pas seulement un problème personnel ; c’est un problème systémique. Par ailleurs, certains environnements peuvent accentuer ce sentiment d’être un imposteur ou un outsider, par exemple des environnements compétitifs. En outre, les femmes et les personnes issues de groupes marginalisés sont particulièrement susceptibles de ressentir un manque d’appartenance en raison d’expériences réelles d’inéquité, de discrimination ou de biais. Discuter avec d’autres peut non seulement vous aider à identifier des problèmes organisationnels, mais aussi favoriser des changements systémiques.

Conclusion

Rappelez-vous pourquoi vous êtes là. Si vous ressentez le stress de l’imposteur, cela signifie probablement que vous êtes en train de grandir, de gagner en visibilité et de franchir un cap. Vous êtes à votre place pour une raison, et cette raison est de vous offrir une opportunité d'expanser, de vous déployer. 

 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir votre travail d'évolution personnelle, vous pouvez également faire appel à un professionnel.

Les consultations appelées TECC ou TCC (pour thérapies émotionnelles, cognitives et comportementales) ont largement démontré leur efficacité dans de nombreuses thématiques. Elles permettent de mettre en œuvre un travail étayé et approfondi sur le plan émotionnel, corporel, cognitif (pensées limitantes, schémas automatiques...) et comportemental.

 

Céline Gasperini

Psychologue clinicienne